NORME PROFESSIONNELLE

SYLVICOLE – DÉBROUSSAILLEUR

             OU

SYLVICOLE – DÉBROUSSAILLEUSE

         Février 2004

Cette norme professionnelle a été réalisée par le Comité sectoriel de main-d’œuvre en
aménagement forestier, grâce au soutien technique et financier d’Emploi-Québec.

Responsabilité du projet
      Christian André, ing.f.
      Directeur général
      Comité sectoriel de main-d’œuvre en aménagement forestier

Coordination de l’atelier de validation
       Sylvie de la Chevrotière, c.o.
       Chargée de projets
       Comité sectoriel de main-d’œuvre en aménagement forestier

Animation de l’atelier et production du rapport d’activité
       Denis Fournier
       Ingénierie des emplois, des compétences et de la formation
       Diagnostic compétences inc.
          Sylvie de la Chevrotière, c.o.
          Chargée de projets
          Comité sectoriel de main-d’œuvre en aménagement forestier

Collaboration
       Christine Bouliane, ing.f.
       Chargée de projets
       Comité sectoriel de main-d’œuvre en aménagement forestier
          Lyse Roberge
          Conseillère
          Direction du développement des compétences en milieu de travail
          Emploi-Québec

          Alain Girard
          Conseiller
          Direction générale adjointe à l’intervention sectorielle
          Emploi-Québec

Note : Dans le présent document, le masculin est utilisé sans discrimination et uniquement dans le but
       d’alléger le texte.

                                            TABLE DES MATIÈRES

REMERCIEMENTS ......................................................................................................... 1

1.    SITUATION DU DÉVELOPPEMENT DU MÉTIER DANS LE SECTEUR ................ 5

     1.1        PRÉCISIONS SUR LE MÉTIER ............................................................................. 5
     1.2        PROBLÉMATIQUE ............................................................................................. 6
     1.3        RECONNAISSANCE PROFESSIONNELLE ET NORME PROFESSIONNELLE .................. 9

2.    ÉLABORATION DE LA NORME PROFESSIONNELLE........................................ 10

     2.1        RÉFÉRENTIEL ORGANISATIONNEL .................................................................... 10
     2.2        DÉMARCHE DE CONSULTATION ET DE VALIDATION............................................. 11
     2.3        CONSTITUTION DES GROUPES DE TRAVAIL ET VALIDATION DU PROFIL DE
                COMPÉTENCES .............................................................................................. 12

3.    PRÉSENTATION DE LA NORME PROFESSIONNELLE...................................... 15

     3.1        CONTEXTE GÉNÉRAL D’EXERCICE DU MÉTIER ................................................... 15
     3.2        LISTE DES COMPÉTENCES .............................................................................. 16

COMPÉTENCE 1 :                ENTRETENIR SES ÉQUIPEMENTS ET OUTILLAGES............ 17

COMPÉTENCE 2 :                PLANIFIER SES PARTERRES DE COUPE ............................. 19

COMPÉTENCE 3 :                RÉALISER LE PARCOURS ...................................................... 21

                                           REMERCIEMENTS

Le Comité sectoriel de main-d’œuvre en aménagement forestier (CSMOAF) tient à
remercier toutes les personnes qui ont collaboré de près ou de loin au développement,
à l’expérimentation et à la validation du profil de compétences du métier d’ouvrier
sylvicole – débroussailleur.

Comité de travail sur le métier d’ouvrier sylvicole – débroussailleur
(analyse du métier)

Adrien Michaud                                     Paul Cyr
Maître compagnon                                   Maître compagnon
Ouvrier sylvicole – débroussailleur                Ouvrier sylvicole – débroussailleur
Packington                                         New-Richmond
Bas-Saint-Laurent                                  Gaspésie

Daniel Baker
Maître compagnon
Ouvrier sylvicole – débroussailleur
Villeroy
Centre-du-Québec

Comité d’experts
(établissement provisoire du profil de compétences)

Luc Lebel, ing.f., Ph.D.                           Luc Marchand, ing.f.
Professeur                                         Directeur
Faculté de foresterie                              École forestière de La Tuque
Université Laval                                   Commission scolaire de l’Énergie
Québec                                             La Tuque

Adrien Michaud                                     Robert Picher
Maître compagnon                                   Expert-conseil en prévention-inspection
Ouvrier sylvicole – débroussailleur                CSST
Packington                                         Québec

Réjean Pedneault                                   Gordon Perreault
Ouvrier sylvicole – débroussailleur                Chef de service
Regroupement des travailleurs forestiers           Secteurs primaire et manufacturier
de Charlevoix                                      CSST
La Malbaie                                         Québec

Comité de validation du profil de compétences

Donald Gagnon                                    Jerry Roy
Directeur général                                Compagnon
Gestion DDG inc.                                 Ouvrier sylvicole – débroussailleur
Forestville                                      Groupement forestier de Champlain
                                                 Saint-Georges-de-Champlain

Gino Jean                                        Gervais Martel
Contremaître                                     Ouvrier sylvicole – débroussailleur
Groupe Nokamic inc.                              Les Éboulements
Dolbeau-Mistassini

Gérald Landry                                    Jean Daigle
Directeur général                                Compagnon
Groupement forestier de Kamouraska               Ouvrier sylvicole – débroussailleur
Saint-Alexandre                                  Ham-Nord

René Babin                                       Jean Lortitch
Président de la Conférence des coopératives      Compagnon
forestières du Québec                            Ouvrier sylvicole – débroussailleur
Coopérative d’aménagement forestier              La Patrie
de la Baie-des-Chaleurs
New-Richmond

Jean Goyard                                      Martin Bédard
Directeur général                                Représentant FTQ
Coopérative d’aménagement forestier Kinojévis-   Ouvrier sylvicole – débroussailleur
Abijévis                                         Métabetchouan
Rouyn-Noranda

Robert Poulin                                    Laval Côté
Kruger inc.                                      Représentant CSN
Trois-Rivières                                   Ouvrier sylvicole – débroussailleur
                                                 Chicoutimi

Vital Tremblay                                   Mario Nadeau
Directeur général                                Représentant FTQ
Sylviculture Tramfor inc.                        Ouvrier sylvicole – débroussailleur
La Baie                                          Chambord

Donald Duchesne                                  Claude Girard
Représentant CSST                                Représentant CSN
Québec                                           Ouvrier sylvicole – débroussailleur
                                                 Saint-David-de-Falardeau

Réjean Pedneault                                     Paul Cyr
Ouvrier sylvicole – débroussailleur                  Maître compagnon
Regroupement des travailleurs forestiers             Ouvrier sylvicole – débroussailleur
de Charlevoix                                        New-Richmond
La Malbaie

Compagnons de la Gaspésie, du Bas-Saint-Laurent et du Centre-du-Québec en
2000

                                               Gaspésie

Jacques Landry                                       Carl Cochrane
Coopérative d’aménagement forestier                  Coopérative d’aménagement forestier
de la Baie-des-Chaleurs                              de la Baie-des-Chaleurs
New-Richmond                                         New-Richmond

Bernard Pelletier                                    Michel Arseneault
Association coopérative forestière                   Association coopérative forestière
de Saint-Elzéar                                      de Saint-Elzéar
Saint-Elzéar-de-Bonaventure                          Saint-Elzéar-de-Bonaventure

Daniel Thériault                                     Roger Blanchette
Société d’exploitation des ressources                Société d’exploitation des ressources
de la Vallée                                         de la Vallée
Lac-au-Saumon                                        Lac-au-Saumon

Pierrot Guénette
Groupement agro-forestier de la Ristigouche inc.
L’Ascension

                                           Bas-Saint-Laurent

Rodrigue Tudeau                                      Jeannot Belisle
Coopérative forestière Haut Plan Vert                Coopérative forestière Haut Plan Vert
Lac-des-Aigles                                       Lac-des-Aigles

Normand Dumont                                       Réginald Bouchard
Groupement forestier de Kamouraska                   Groupement forestier de Kamouraska
Saint-Alexandre                                      Saint-Alexandre

Gérard Moreault                                      Serge Sirois
Groupement forestier de l’Est                        Société d’exploitation des ressources
du lac Témiscouata                                   des Monts
Saint-Émile-d’Auclair                                Matane

Mario Gagné                                         René Bérubé
Société d’exploitation de la Métis inc.             Corporation agro-forestière
Saint-Gabriel                                       Transcontinentale
                                                    Saint-Elzéar

                                          Centre-du-Québec

Jean Lortitch                                       Jean Daigle
Aménagement forestier et agricole                   Aménagement forestier coopératif
des Appalaches inc.                                 de Wolfe inc.
La Patrie                                           Ham-Nord

Jerry Roy                                           François Sénécal
Groupement forestier de Champlain inc.              Aménagement forestier et agricole des
Saint-Georges-de-Champlain                          Sommets inc.
                                                    Coaticook

Daniel Benoît                                       Victor Bourassa
Coopérative forestière du Bas-Saint-Maurice         Coopérative forestière du Bas-Saint-Maurice
Shawinigan                                          Shawinigan

Denis Doucet                                        Patrick Champagne
Forexcel                                            Forexcel
Trois-Rivières                                      Trois-Rivières

Daniel Marcheterre
Groupement forestier coopératif Saint-François
Windsor

           1. SITUATION DU DÉVELOPPEMENT DU MÉTIER DANS LE SECTEUR

Le métier d’ouvrier sylvicole – débroussailleur est relativement jeune au Québec. Il
prend racine dans différents travaux, que l’on peut maintenant qualifier de sylvicoles et
qui étaient pratiqués sur des propriétés privées depuis des années. Le débroussaillage
n’a acquis toutefois un certain sens qu’au milieu des années 1980, avec l’avènement de
travaux à grande échelle d’éclaircie précommerciale, de dégagement de plantation et de
dégagement de régénération naturelle. Les travaux effectués dans le cadre de la
présente norme professionnelle ont permis de situer la place du débroussaillage dans
l’ensemble des travaux sylvicoles, de sorte qu’il est dorénavant juste de qualifier
d’« ouvriers sylvicoles – débroussailleurs » les travailleurs qui consacrent le principal de
leurs énergies et de leur temps à effectuer des travaux de sylviculture à l’aide d’une
débroussailleuse et d’utiliser le terme « métier » à leur égard.

1.1 Précisions sur le métier
Le tableau suivant contient quelques précisions sur le métier d’ouvrier sylvicole –
débroussailleur. Ces données sont essentiellement tirées de la Classification nationale
des professions (CNP).

                                        Tableau 1
                Données sur le métier d’ouvrier sylvicole – débroussailleur
    Titre des personnes qui exercent le métier selon
                                                                   Ouvrier sylvicole – débroussailleur
    le contexte de travail québécois
    Champ d’études lié au métier selon la structure
                                                                   Foresterie et papier
    d’analyse des professions
                                                                   Aménagement de la forêt
    Titre des programmes d’études liés au métier                   Récolte de la matière ligneuse 1
                                                                   Sylviculture 2
                                                                   Ouvrier/ouvrière en sylviculture et en
    Titre des personnes qui exercent le métier selon               exploitation forestière
    la CNP
                                                                   Manœuvre de l’exploitation forestière
                                                                   8422
    Codes CNP du métier
                                                                   8616
                                                                   Débroussailleur
                                                                   Opérateur de scie de débroussaillage
    Titres donnés à des métiers connexes
                                                                   Travailleur forestier
                                                                   Travailleur sylvicole

  Ce programme fait l’objet d’une révision et portera le nom de Abattage manuel et débardage forestier. Il devrait être
  en application en septembre 2004 et ne comportera plus le volet portant sur le débroussaillage.

  Ce programme fait l’objet d’une révision et portera le nom de Ouvrier sylvicole. Il devrait être en application en
  septembre 2004.

En ce qui concerne la répartition régionale des débroussailleurs, le tableau 2 en
présente une estimation réalisée dans le cadre de l’Enquête sur la main-d’œuvre
forestière au Québec en 1999-2000 (Bouliane, C., 2002). Cette estimation a été
effectuée sur la base des quantités de travaux réalisés ainsi que de productivités
moyennes de débroussailleurs.

                                        Tableau 2
    Estimation de la répartition des débroussailleurs selon la zone géographique en
                                          1999

                      Centre-sud du    Ouest et Centre-
    Est du Québec                                       Nord du Québec             Total
                        Québec         nord du Québec

         1096              356               1076               2366               4894

Les regroupements régionaux qui ont été effectués pour cette étude sont les suivants :
          Est du Québec : Bas-Saint-Laurent (01), Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine (11)
          Centre-sud du Québec : Estrie (05), Montréal (06), Chaudière-Appalaches (12),
                                   Laval (13), Montérégie (16)
          Ouest et Centre-nord du Québec : Québec (03), Mauricie (04), Outaouais (07),
                                               Lanaudière (14), Laurentides (15), Centre-du-
                                               Québec (17)
          Nord du Québec : Saguenay–Lac-Saint-Jean (02), Abitibi-Témiscamingue (08),
                              Côte-Nord (09), Nord-du-Québec (10)

1.2 Problématique
Au Québec, avec la mécanisation de plus en plus généralisée des opérations
forestières, les métiers d’abatteur manuel, de débroussailleur et de planteur sont
pratiquement les seuls dans le domaine forestier qui soient demeurés essentiellement
manuels. Malgré cela, selon le Diagnostic sectoriel de main-d’œuvre en aménagement
forestier réalisé en 1996 (Del Degan, Massé et Associés, 1996), ces trois métiers
regroupaient, au moment de l’étude, près de 80 % de la main-d’œuvre en
aménagement forestier. Or, on constatait également qu’une part importante
d'entreprises forestières réalisant des activités qui nécessitent l’embauche d’abatteurs
manuels et de débroussailleurs, ne réussissait pas à pourvoir tous leurs postes
(Bouliane, C., André, C., 2002).

Cette situation est la conséquence d’un ensemble de facteurs qui caractérisent
actuellement ces métiers forestiers. D’abord, les activités de reboisement, d’éclaircie
précommerciale et de dégagement de plantation sont des activités saisonnières qui se
répartissent essentiellement entre le printemps et le début de l’hiver, de sorte qu’il se
crée d’entrée de jeu une compétition avec les autres secteurs d’activité qui ne
présentent pas cette contrainte de saisonnalité de l’emploi. Par conséquent, pour
prolonger leur saison de travail, une majorité de travailleurs vont diversifier leurs

activités, débutant souvent par le reboisement pour ensuite réaliser des activités de
débroussaillage telles que l’éclaircie précommerciale et le dégagement de plantation.
Aussi, selon l’Enquête sur la main-d’œuvre forestière au Québec en 1999-2000
(Bouliane, C., 2002), 40 % des débroussailleurs occupaient un emploi secondaire,
notamment comme abatteur manuel ou planteur.

Outre la saisonnalité, ces métiers forestiers se caractérisent également par une
rémunération forfaitaire; les travailleurs sont ainsi rémunérés en fonction de leur
production journalière, que ce soit en nombre de plants reboisés, d’hectares traités ou
en volume de bois récolté. Cet aspect contribue à faire en sorte que plusieurs jeunes
hésitent à se lancer dans ces métiers, puisque ce n’est qu’après un apprentissage
relativement long sur le terrain que les travailleurs arrivent à tirer un revenu intéressant
de leur emploi. Ainsi, le nouvel arrivant dans le métier d’ouvrier sylvicole –
débroussailleur ne maîtrise pas les techniques de coupe et est loin d’avoir une
productivité lui permettant de vivre décemment de son métier.

De façon générale, les débroussailleurs obtiennent un salaire brut moyen de 737 $ par
semaine, avant les dépenses liées à leur emploi, notamment pour leurs déplacements
et l’achat, l’entretien et la réparation des équipements et accessoires de sécurité. Ils
travaillent en moyenne 48 heures par semaine, pour une durée moyenne de
20 semaines par année, essentiellement réparties entre les mois de juin et de
septembre. Le temps consacré par semaine à l’entretien et à la réparation de la
débroussailleuse se situe pour sa part à 3,5 heures en moyenne (Bouliane, C., 2002). Il
est également à noter que, selon l’enquête de 1999-2000, la proportion d’ouvriers
sylvicoles syndiqués était, au moment de l’étude, pratiquement nulle (1 %).

Par ailleurs, les territoires où sont effectués les travaux sont généralement éloignés des
villes et des villages, impliquant dans certains cas l’hébergement dans un camp forestier
et, de ce fait, l’éloignement de sa famille. Les frais associés à ces déplacements en forêt
de même qu’à l’équipement requis pour y travailler sont la plupart du temps assumés
directement par le travailleur, ce qui constitue une autre barrière à l’entrée pour les
jeunes intéressés par les métiers forestiers. L’Enquête sur la main-d’œuvre forestière
révèle que près de la moitié (46 %) des ouvriers sylvicoles 3 résident à l’extérieur de leur
domicile durant la période de travail et que cette résidence temporaire se situe en
moyenne à plus de 200 km de leur domicile principal (Bouliane, C., 2002).

Les frais liés à l’emploi sont importants à considérer si l’on se fie à une enquête
téléphonique menée par le CSMOAF en 1999 auprès de débroussailleurs et d’abatteurs
manuels dans le but de quantifier les dépenses effectuées par les travailleurs forestiers
pour occuper leur emploi. L’enquête portait notamment sur les dépenses pour l’achat,
l’alimentation en carburant et l’entretien des débroussailleuses, et sur les montants
déboursés pour l’achat de vêtements et d’équipements de sécurité. Le tableau 3
présente les résultats de cette enquête téléphonique.

  Dans l’Enquête sur la main-d’œuvre forestière, plusieurs résultats sont présentés selon le type d’emploi « ouvrier
sylvicole », qui regroupe les personnes qui réalisent notamment des activités d’éclaircie précommerciale et d’entretien
de régénération à l’aide d’une débroussailleuse ou des activités de reboisement.

                                            Tableau 3
Dépenses liées à l’achat, à l’alimentation et à l’entretien de débroussailleuse, et à l’achat
  des vêtements et équipements de sécurité : montants déboursés en moyenne, par
              travailleur, pour une semaine de travail, saison 1998-1999

                      Postes de dépenses                         Montant hebdomadaire ($)

     Achat, alimentation et entretien du principal outil                    97,42 $
             Achat                                                          30,76 $
             Carburant                                                      28,48 $
             Accessoires                                                    13,06 $
             Entretien et réparations                                       25,12 $

     Achat des vêtements et équipements de sécurité                         13,57 $

                               Total                                       110,99 $
     Source : Comité sectoriel de main-d’œuvre en aménagement forestier (1999), p. 9

Le secteur forestier est donc aux prises avec un manque réel de relève qui se traduit
par l’augmentation continue de la moyenne d’âge des travailleurs. Par ailleurs, bien que
l’âge moyen des ouvriers sylvicoles québécois (37 ans) soit moins élevé que pour
d’autres métiers forestiers (Bouliane, C., 2002), il n’en demeure pas moins que les
entreprises sont touchées par un roulement constant de leur personnel, qui recherche
toujours de meilleures conditions de travail en se déplaçant d’une entreprise à l’autre,
d’où l’importance de mettre l’accent sur la relève et la rétention de cette main-d’œuvre.

Mais si la main-d’œuvre est difficile à trouver, la main-d’œuvre qualifiée l’est d’autant
plus; en effet, les gens qui travaillent en forêt sont généralement peu scolarisés et la
plupart ont appris leur métier directement en entreprise. Le choix qu’ont fait ces
travailleurs pour les métiers forestiers traduit souvent leur attirance pour les tâches plus
manuelles et ils sont peu enclins aux formations en milieu scolaire. Bien que l’on
retrouve parmi ceux-ci bon nombre de travailleurs expérimentés et compétents, cette
réalité a également comme conséquence de diminuer les exigences des employeurs à
l’égard des conditions d’embauche. Le tableau 4 indique que près de la moitié des
ouvriers sylvicoles, même s’ils ont atteint une scolarité de niveau secondaire, n’ont
aucune reconnaissance scolaire.

                                     Tableau 4
       Répartition des ouvriers sylvicoles selon le niveau de scolarité atteint
                      Secondaire                 Collégial                   Universitaire
      Primaire                   Avec
                 Sans diplôme             Sans diplôme   Avec diplôme   Sans diplôme   Avec diplôme
                                diplôme

        9%          35 %        32 %         10 %           5%             5%             4%

     Source : Enquête sur la main-d’œuvre forestière au Québec en 1999-2000 (Bouliane, C.,
     2002, p. 33)

1.3 Reconnaissance professionnelle et norme professionnelle
Aucune reconnaissance officielle de formation ou de compétences (diplôme, certificat,
carte…) n’est exigée à l’embauche de l’ouvrier sylvicole – débroussailleur. Le
rendement du travailleur fait foi de sa compétence. Il se donne bien de la formation dans
le domaine, notamment de la formation sur mesure en entreprise, mais la majorité des
ouvriers sylvicoles – débroussailleurs ont appris le métier « sur le tas ». De cette non-
reconnaissance de ses compétences, conjuguée à des conditions d’exercice souvent
difficiles, découleraient une faible reconnaissance socio-économique de l’ouvrier
sylvicole – débroussailleur et la non-appréciation du métier. D’où la difficulté de
recrutement pour lui assurer une relève.

Mais s’il est vrai que la majorité des ouvriers sylvicoles – débroussailleurs ont appris leur
métier sur le tas, il est aussi vrai que le travailleur ne peut plus s’improviser dans ce
métier sans au préalable en connaître les subtilités, notamment en ce qui a trait aux
aspects sécuritaires liés à l’exercice du métier. En effet, ce métier comporte des tâches
qui a priori peuvent paraître peu complexes, mais qui exigent néanmoins des
connaissances et des savoir-faire spécifiques, notamment en ce qui a trait à l’entretien,
aux techniques et aux aspects sécuritaires. Aussi, l’apprentissage du métier et la
reconnaissance des acquis d’expérience directement en milieu de travail pourraient
constituer une des avenues prometteuses et plus adaptées au choix professionnel de
ces travailleurs puisqu’elle s’acquiert en emploi.

C’est une des raisons pour lesquelles les représentants d’entreprise du secteur de
l’aménagement forestier se tournent vers la reconnaissance professionnelle en passant
par le Programme d’apprentissage en milieu de travail; ils veulent reconnaître les
compétences de leurs ouvriers sylvicoles – débroussailleurs et leur donner les moyens
de démontrer leur professionnalisme, et ainsi accéder à une certification d’État.
L’établissement d’une norme professionnelle se veut donc une contribution à la
définition et à la reconnaissance du métier d’ouvrier sylvicole – débroussailleur. Elle
contribue également à la reconnaissance et à la valorisation de l’activité socio-
économique à laquelle le métier est rattaché, de même qu’à la reconnaissance et à la
valorisation des personnes qui y travaillent.

                  2. ÉLABORATION DE LA NORME PROFESSIONNELLE

2.1 Référentiel organisationnel
L’élaboration de la présente norme professionnelle a son origine dans l’instauration de
la Loi favorisant le développement de la formation de la main-d’œuvre et les
responsabilités alors confiées à la Commission des partenaires du marché du travail en
matière de promotion et d’encadrement du développement et de l'adoption des normes
professionnelles.

En effet, dans son approche, la CPMT a favorisé à l’époque l’émergence de projets
pilotes par les comités sectoriels afin de valider la pertinence et la faisabilité des
nouveaux paramètres qui définiraient plus tard le Programme d’apprentissage en milieu
de travail. De ce fait, six projets pilotes ont été déposés par les comités sectoriels dont
un par le CSMOAF.

Pour élaborer son projet pilote, le CSMOAF s’est appuyé essentiellement sur les
paramètres proposés dans le Cadre de référence pour le suivi et l’évaluation des projets
pilotes du Régime d’apprentissage (1999), produit par la Direction de la recherche, de
l’évaluation et de la statistique. Ces paramètres sont présentés ci-après.

     1.    La production d’une analyse de métier ou de profession;
     2.    La détermination des compétences retenues dans le référentiel devant faire
           l’objet d’un consensus et la description de chacune de ces compétences;
     3.    La détermination des critères de mesure de l’atteinte de chacune des
           compétences;
     4.    L’établissement du référentiel des compétences;
     5.    La validation du référentiel des compétences;
     6.    L’établissement d’un consensus des partenaires concernés sur le référentiel
           des compétences;
     7.    L’établissement des modalités d’application des normes au contexte
           d’apprentissage, de formation ou de reconnaissance des acquis;
     8.    L’élaboration d’outils pour l’apprentissage;
     9.    L’organisation de la formation à partir du référentiel des compétences;
     10.   La planification et la réalisation des activités de formation, d’apprentissage ou
           de reconnaissance des acquis;
     11.   La clarification des responsabilités et des rôles respectifs des instances
           concernées par l’utilisation du référentiel de compétences;
     12.   La clarification du statut de l’apprenti et des conditions de travail qui s’y
           rattachent;
     13.   L’établissement des critères pour l’admissibilité des entreprises et des
           compagnons;
     14.   Le recrutement des entreprises et des compagnons;

   15. Le suivi administratif;
   16. L’évaluation des coûts de gestion et la mise à jour du système;
   17. L’analyse des résultats du projet.

Le projet pilote du CSMOAF embrasse l’ensemble de ces activités puisque son action a
porté, entre autres, sur son appropriation et la définition de référentiels marché du travail
et sur la formation de compagnons ouvriers sylvicoles – débroussailleurs.

L’analyse du métier d’ouvrier sylvicole – débroussailleur (activité 1 de ce cadre) a été
réalisée en s’inspirant principalement de deux méthodes, soit celle du ministère de
l’Éducation, Analyse de situation de travail, et celle de la Société québécoise de
développement de la main-d’œuvre (SQDM), Guide de production d’une analyse de
métier ou de profession, sans toutefois les avoir appliquées intégralement.

Les efforts consentis par le CSMOAF dans le cadre des étapes 2, 3 et 4 de ce
processus, en collaboration avec les représentants du marché du travail et des
organismes voués à la formation de la main-d’œuvre, ont donné des résultats
remarquables. Produits de la recherche-action et dans une certaine mesure de l’auto-
apprentissage, ces résultats ont été soumis à la validation du milieu et approuvés dans
leur entièreté. Toutefois, cette validation a permis de confirmer une hypothèse qui s’était
manifestée lors de la production des travaux, à savoir que, même s’il semble
représenter le principal de l’activité de l’ouvrier sylvicole, le débroussaillage n’en
constitue pas moins qu’une partie.

2.2 Démarche de consultation et de validation
Après avoir déterminé avec des praticiens les tâches et activités du métier, les
compétences qu’elles requièrent, leurs dimensions et leurs indicateurs, toujours avec
ces praticiens, nous avons recherché, reconnu et retenu ces règles et critères à partir
desquels les compétences seront elles-mêmes reconnues et jugées acquises ou en
voie d’acquisition. Et on aura remarqué que, dans la quasi-totalité des cas, ces critères
renvoient à des caractéristiques de conformité de l’objet sur lequel l’ouvrier sylvicole est
intervenu, de conformité des informations dont il a dû s’enquérir et qu’il a dû interpréter
et investir dans ses travaux, et de conformité de l’espace et de son contenu dans lequel
ou sur lequel il est intervenu. Ainsi, ces critères rendent les résultats observables,
vérifiables et mesurables, et réduisent au minimum la possibilité que des jugements
d’acquisition ou de non-acquisition de compétences soient rendus sur la base de
critères subjectifs, faisant davantage référence au comportement de la personne en
situation d’évaluation, telle son attitude face au travail, aux règles et aux critères établis,
plutôt qu’à l’application ou au respect de ces règles et critères. Règles et critères qui,
normalisés et habituellement appliqués et respectés dans la réalisation autonome de
tâches dans différents contextes et situations, rendent évidente la possession de la
compétence.

2.3 Constitution des groupes de travail et validation du profil de compétences
La démarche suivie pour la production du profil de compétences s’apparente à celle
développée dans le Guide d’analyse d’un métier ou d’une profession de la SQDM
(1993). Ainsi, l’inventaire des tâches de l’ouvrier sylvicole – débroussailleur a été produit
par une équipe de travail composée de trois experts du métier, maîtres compagnons.

Cet inventaire a été soumis à un premier comité d’experts travailleurs et de dirigeants
d’entreprise provenant de l’industrie, du milieu de l’éducation et de la CSST. Les
résultats de cette première validation ont pris la forme d’une Grille de démonstration des
compétences et ont été expérimentés par un groupe de 24 compagnons ouvriers
sylvicoles – débroussailleurs dans un projet de formation de travailleurs expérimentés,
dans différentes régions du Québec, au cours de l’année 2000. Experts de métier ayant
travaillé tout l’été avec ces normes, ils ont largement contribué à leur amélioration et à
leur validation. Bien entendu, ces deux validations n’ont pas été systématiques et ne
semblaient pas, à première vue, avoir produit les mêmes résultats que ceux que nous
aurions pu anticiper d’une validation systémique telle que préconisée dans le guide de
la SQDM.

Cependant, une troisième validation a été faite, sur la base des travaux réalisés, dans le
cadre d’un comité de validation regroupant dix experts de métier ouvriers sylvicoles –
débroussailleurs dont quatre représentants syndicaux, trois compagnons et un maître
compagnon, sept représentants patronaux d’entreprises et un représentant de la CSST.
La représentativité des régions du Québec au sein du comité de validation a également
été respectée, comme le tableau suivant en fait foi.

                                      Tableau 4
          Représentativité des participants au sein du comité de validation

                                                                          Région
                         Statut                          Nombre
                                                                       administrative

     Représentants patronaux
         Entrepreneurs en travaux sylvicoles                 3             02 et 09
         Coopératives forestières                            2             08 et 11
         Groupements forestiers                              1               01
         Industrie                                           1               04
     Représentant de la CSST                                 1                03
     Experts de métiers
         Travailleurs                                        2                03
         Compagnons                                          3           04, 05 et 17
         Maître compagnon                                    1                11
         Représentants syndicaux                             4                02

                         Total                              18

Parmi les représentants patronaux, précisons que le président de la Conférence des
coopératives forestières du Québec (CCFQ) et celui de l’Association des entrepreneurs
en travaux sylvicoles du Québec (AETSQ) étaient présents, représentant à eux seuls
une très grande proportion des débroussailleurs du Québec par le biais de leurs
membres, qui couvrent l’ensemble des régions forestières de la province. Par ailleurs,
bien que le représentant du Regroupement des sociétés d’aménagement forestier
(RESAM) n’ait pas été présent, des compagnons et un des représentants patronaux
provenaient de groupements forestiers, membres de ce regroupement. Puisque les
membres de ces trois organisations réalisent la presque totalité des travaux sylvicoles
au Québec, on peut dire que la représentativité des participants du comité de validation
était excellente.

Les travaux de ce comité ont consisté en la validation de chacune des tâches
(compétences), chacune des activités (dimensions et indicateurs de compétences) et
chacun des critères de démonstration des compétences. Bien entendu, des précisions
importantes ont été apportées tant à la formulation des éléments descriptifs des tâches
et des compétences qu’à leur structure. Ce faisant, la méthode de travail utilisée et les
techniques d’animation tirées, entre autres, de nos expériences de l’analyse des métiers
étaient en tout point conformes aux prescriptions du guide de la SQDM, de même que la
composition du comité. Chacun des membres du comité a donc pu s’exprimer aussi
souvent et sur autant de sujets qu’il le désirait.

En fait, antérieurement à la réunion de ce comité, un important travail de détermination
des tâches et des activités avait été fait. Toutefois, le degré de raffinement des tâches
était tel qu’il a fallu restructurer leur présentation avant la réunion du comité. Ainsi, nous
avons partagé les éléments résultant de ce travail entre les tâches (compétences), les
exigences fonctionnelles significatives (indicateurs de compétences) et les critères de
démonstration des compétences. Puis, selon la nature de chacune des exigences
fonctionnelles significatives, nous les avons regroupées, et chacun des groupes a été
coiffé d’une activité (dimension de la compétence) de notre propre formulation,
susceptible d’être entérinée, modifiée ou rejetée par les experts lors de la réunion du
comité.

Quant au travail en comité, il a été réalisé dans l’ordre en quatre phases :

     la validation des tâches;
     la validation des exigences fonctionnelles significatives;
     la validation des critères de démonstration des compétences et leur rattachement
       aux exigences fonctionnelles significatives;
     la validation du regroupement des exigences fonctionnelles significatives par
       activité et la validation du libellé des activités.

La validation des tâches a été faite en grand groupe dès le démarrage des travaux.
Pour la phase suivante, en sous-groupes, les experts ont été appelés à valider ou à
infirmer la pertinence des exigences fonctionnelles significatives, leurs séquences de

présentation et leur formulation. Puis, les représentants de chacun des sous-groupes
soumettaient les résultats de leurs délibérations au grand groupe qui, par consensus,
les acceptait ou les modifiait. Le tout sous la direction et la critique de l’animateur.

Les résultats des travaux réalisés par ce comité constituent ce que les représentants
des entreprises de l’industrie de l’aménagement forestier entendent par norme
professionnelle du métier d’ouvrier sylvicole – débroussailleur et les compétences
figurant dans le profil de compétences, autant que leur structure de présentation,
représentent celles que l’industrie reconnaît pour ce métier et desquelles est tirée la
présente norme.

                3. PRÉSENTATION DE LA NORME PROFESSIONNELLE

Dans la présente partie, nous présentons, sous forme de fiches descriptives, chacune
des compétences retenues et reconnues pour le métier d’ouvrier sylvicole –
débroussailleur.

3.1 Contexte général d’exercice du métier

L’ouvrier sylvicole – débroussailleur emprunte son nom à l’outil avec lequel il réalise ses
travaux : la débroussailleuse. Outil d’apparence relativement simple, la débroussailleuse
requiert une manipulation habile et prudente ainsi qu’un entretien régulier et méticuleux.
Les travailleurs qui occupent un emploi d’ouvrier sylvicole – débroussailleur exécutent,
sous la supervision d’un supérieur immédiat, des traitements sylvicoles tels que
l’éclaircie précommerciale, le dégagement de plantation et le dégagement de
régénération naturelle, sur des terrains de topographies variables et dans des
peuplements de qualité inégale. D’autres traitements ou travaux sylvicoles peuvent
également être exécutés à l’aide d’une débroussailleuse par des ouvriers sylvicoles –
débroussailleurs, notamment la maîtrise de la végétation, la scarification et les
traitements phytosanitaires.

En ce qui concerne la première compétence, Entretenir ses équipements et
outillages, l’ouvrier sylvicole – débroussailleur l’acquiert individuellement au
campement ou sur le terrain. L’opération n’est pas supervisée par le supérieur
immédiat. L’ouvrier sylvicole – débroussailleur peut toutefois avoir besoin des conseils
d’un collègue ou d’un compagnon d’apprentissage pour améliorer ses connaissances et
son savoir-faire relativement à cette tâche.

Pour faire l’entretien de sa débroussailleuse et de ses outils de travail, l’ouvrier
sylvicole – débroussailleur se réfère principalement au manuel du fabricant ainsi qu’aux
normes en vigueur et au guide de la CSST.

Pour ce qui est des compétences 2 et 3, soit Planifier ses parterres de coupe et
Réaliser le parcours, l’ouvrier sylvicole – débroussailleur travaille seul ou en équipe,
sous la supervision du technicien forestier ou du contremaître, selon la prescription
sylvicole et en tenant compte des normes d’intervention en forêt (RNI) et des normes
environnementales.

3.2 Liste des compétences
Pour acquérir chacune des compétences faisant partie de la norme professionnelle,
l’apprenti devra acquérir tous les éléments de compétence qui constituent chacune des
compétences suivantes :

     1. Entretenir ses équipements et outillages;
     2. Planifier ses parterres de coupe;
     3. Réaliser le parcours.

MÉTIER :       Ouvrier sylvicole – débroussailleur
                                                                                                                        Code CNP :          8422 ou 8616

Compétence 1 :          Entretenir ses équipements et outillages

Contexte de réalisation
         Individuellement;
         Principalement sur le lieu de travail, c’est-à-dire en forêt ou au campement;
         À l’aide de différents outils et des pièces appropriées;
         Selon les recommandations du manuel du fabricant, les conseils du concessionnaire et les normes de la Commission de la santé et de la
           sécurité du travail (CSST) (Guide – débroussaillage);
         Selon les périodicités recommandées par la CSST et par les fabricants.

                     Éléments de compétence                                                         Critères de performance

 1.1   Évaluer l’état général de la débroussailleuse et de ses composantes,
       mécanismes et systèmes :                                                   Connaissance adéquate des systèmes mécaniques de la débroussailleuse;
                                                                                Justesse de l’évaluation de l’état de la débroussailleuse et de ses
         pied réducteur;                                                        composantes, mécanismes et systèmes;
         tube de la débroussailleuse;
                                                                                Conformité des éléments de protection et de sécurité de la débroussailleuse.
         système d’alimentation;
         système d’allumage;
         tringlerie;
         système de combustion;
         système d’échappement;
         système de commande;
         système d’embrayage;
         système d’ancrage;
         système de fixation.

 1.2   Évaluer l’état de la lame et de ses éléments d’assemblage, de
       protection et de sécurité.                                                 Justesse de l’évaluation de l’état général de la lame;
                                                                                Conformité de la lame;
                                                                                Conformité des éléments d’assemblage, de protection et de sécurité.

MÉTIER :        Ouvrier sylvicole – débroussailleur
                                                                                                                          Code CNP :           8422 ou 8616

Compétence 1 :           Entretenir ses équipements et outillages

                      Éléments de compétence                                                          Critères de performance

1.3    Assurer l’entretien de la lame et de ses éléments :
                                                                                 Connaissance adéquate des opérations liées à la confection d’un poteau
         lame;                                                                    d’affûtage;
         protecteur de lame;                                                      Conformité de l’avoyage et de l’affûtage de la lame;
         garde de sécurité ou capot de protection du pied réducteur;
                                                                                 Utilisation adéquate des outils appropriés;
         écrou de fixation;
         rondelles de pression;                                                   Respect des règles de santé et de sécurité du travail.
         disque porteur.

1.4    Déterminer les opérations d’entretien :
                                                                                 Identification adéquate de l’entretien quotidien et hebdomadaire à effectuer;
         Assurer le bon fonctionnement de la débroussailleuse;                   Justesse de l’évaluation du fonctionnement de la débroussailleuse;
         Remédier aux dysfonctionnements éventuels;
                                                                                 Justesse des ajustements requis;
         Évaluer le fonctionnement de la débroussailleuse après la mise au
           point;                                                                  Conformité des ajustements et réparations aux spécifications du fabricant;
         Contrôler les ajustements finaux.                                       Sélection adéquate des pièces de rechange et des outils;
                                                                                 Utilisation adéquate des outils utilisés pour les ajustements et réparations;
                                                                                 Respect des règles de santé et de sécurité du travail.

1.5    Assurer l'entretien de l'équipement de protection individuelle, du
       harnais, du crochet de fixation et de leurs composantes :                   Conformité de l’entretien de l’équipement de protection individuelle avec les
                                                                                   recommandations des fabricants.
         Connaître les caractéristiques et les conditions d’utilisation de
           l’équipement de protection individuelle;
         Maintenir ses accessoires en bon état.

MÉTIER :        Ouvrier sylvicole – débroussailleur
                                                                                                                             Code CNP :          8422 ou 8616

Compétence 2 :           Planifier ses parterres de coupe

Contexte de réalisation
         Individuellement;
         À l’aide d’un ruban de couleur;
         Selon le règlement sur les normes d’intervention en forêt (RNI) et la prescription sylvicole;
         Selon les instructions reçues;
         Selon les règles de santé et de sécurité en vigueur.

                      Éléments de compétence                                                             Critères de performance

 2.1   Planifier le parcours :
                                                                                     Interprétation juste de la prescription sylvicole ou des consignes de son
         Prendre connaissance de la prescription sylvicole ou des consignes de       supérieur immédiat;
           son supérieur immédiat;                                                     Connaissance adéquate du type de peuplement et du type de travaux à y
         Déterminer le type de lame en fonction de la végétation de l’aire à         effectuer;
           traiter.
                                                                                     Connaissance adéquate du type d’essence à favoriser dans le peuplement;
                                                                                     Justesse du choix du type de lame à installer sur la débroussailleuse.

 2.2   Évaluer les conditions qui prévalent sur le terrain :
                                                                                     Justesse de l’interprétation de la topographie du terrain;
         Relever les caractéristiques topographiques, les cours d’eau, les           Justesse de l’évaluation des obstacles à prendre en compte dans son travail;
           obstacles, les essences présentes sur l’aire de coupe;
                                                                                     Exactitude de l’identification des essences;
         Indiquer la direction du vent.
                                                                                     Justesse de l’interprétation de la direction du vent.

MÉTIER :        Ouvrier sylvicole – débroussailleur
                                                                                                                          Code CNP :          8422 ou 8616

Compétence 2 :           Planifier ses parterres de coupe

                      Éléments de compétence                                                           Critères de performance

2.3    Établir un plan de coupe :
                                                                                   Justesse du tracé du parcours en tenant compte des conditions qui prévalent
         Déterminer un tracé de parcours en fonction des caractéristiques du       sur le terrain;
           parterre de coupe;                                                        Exactitude de la détermination de l’endroit de démarrage des travaux;
         Repérer et déterminer l’endroit de démarrage des travaux;
                                                                                   Justesse du choix de l’endroit du dépôt du réservoir d’essence;
         Localiser l’endroit du dépôt du réservoir d’essence;
         Déterminer les mesures de sécurité propres à l’aire de coupe.             Exactitude de l’identification des mesures de sécurité, conformément au
                                                                                     programme de prévention de l’entreprise et au Guide de débroussaillage de la
                                                                                     CSST.

MÉTIER :        Ouvrier sylvicole – débroussailleur
                                                                                                                          Code CNP :           8422 ou 8616

Compétence 3 :            Réaliser le parcours

Contexte de réalisation
         Individuellement ou en équipe de deux;
         À l’aide d’une débroussailleuse;
         Selon le règlement sur les normes d’intervention en forêt (RNI), les normes environnementales et la prescription sylvicole;
         Selon les instructions reçues;
         Selon les règles de santé et de sécurité en vigueur.

                       Éléments de compétence                                                         Critères de performance

 3.1   Endosser et ajuster les vêtements et les équipements de fixation et de
       sécurité :                                                                   Justesse de l’ajustement du harnais et de l’ajustement de la débroussailleuse
                                                                                    au harnais;
         Porter les équipements de protection individuelle appropriés;            Respect des règles de santé et de sécurité du travail.
         Ajuster correctement le harnais;
         Fixer la débroussailleuse au harnais et l’ajuster correctement.

 3.2   Mettre sa débroussailleuse en état d’opération :
                                                                                  Respect des règles de santé et de sécurité du travail;
         Faire le plein d’essence;                                                Évaluation juste du fonctionnement de la débroussailleuse;
         Démarrer la débroussailleuse;
                                                                                  Justesse de la réparation conformément aux techniques reconnues et aux
         Évaluer le fonctionnement de la débroussailleuse;
                                                                                    normes en vigueur.
         Effectuer les réparations appropriées, s’il y a lieu.

MÉTIER :        Ouvrier sylvicole – débroussailleur
                                                                                                                               Code CNP :           8422 ou 8616

Compétence 3 :           Réaliser le parcours

                       Éléments de compétence                                                             Critères de performance

3.3    Réaliser le parcours de coupe :
                                                                                      Justesse de la sélection des tiges, conformément aux consignes de la
         Sélectionner les tiges d’avenir;                                             prescription;
         Décider de la direction de la chute des tiges à couper;                      Exactitude dans la direction des tiges abattues;
         Appliquer les techniques de coupe appropriées;
                                                                                      Justesse de l’application des techniques de coupe reconnues;
         Dégager la tige sélectionnée;
         Vérifier la qualité du débroussaillage en rapport avec la prescription       Respect de la qualité du débroussaillage en fonction de la prescription
           sylvicole ou les consignes.                                                  sylvicole ou des consignes de son supérieur;
                                                                                      Respect des règles de santé et de sécurité du travail.

                                BIBLIOGRAPHIE

BOULIANE, C. Enquête sur la main-d’œuvre forestière au Québec 1999-2000. Comité
  sectoriel de main-d’œuvre en aménagement forestier (CSMOAF), Québec, 2002.

BOULIANE, C., et C. André. La reconnaissance professionnelle des ouvriers de
  l’aménagement forestier au Québec. Comité sectoriel de main-d’œuvre en
  aménagement forestier (CSMOAF), Québec, 2002.

COMITÉ SECTORIEL DE MAIN-D’ŒUVRE EN AMÉNAGEMENT FORESTIER. Coûts
  assumés par les abatteurs manuels et les opérateurs de débroussailleuse pour
  l’achat, le fonctionnement et l’entretien de leur équipement. Rapport d’enquête.
  CSMOAF, Québec, 1999.
