NORME PROFESSIONNELLE

          OPÉRATEUR OU OPÉRATRICE
                 DE MACHINES DE
             PRÉPARATION DE FIBRES
               TEXTILES ET DE FILÉS

   Cette norme professionnelle a été approuvée
par le Ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale
                    le 28 juin 2007

Cette norme professionnelle a été élaborée par le Comité sectoriel de main-d’œuvre de
l’industrie textile du Québec grâce au soutien technique et financier d’Emploi-Québec et
                   de la Commission des partenaires du marché du travail.

Direction du projet       Rosette Laberge
                          Directrice générale
                          Comité sectoriel de main-d’œuvre de l’industrie textile du
                          Québec

Coordination du projet    Martin Blondin
                          Chargé de projets
                          Comité sectoriel de main-d’œuvre de l’industrie textile du
                          Québec

Rédaction                 Martin Blondin
                          Chargé de projets
                          Comité sectoriel de main-d’œuvre de l’industrie textile du
                          Québec

Collaboration             André Larochelle
                          André Larochelle, consultant en gestion de la formation

                          Monique Deschênes
                          Diane Savard
                          Conseillères
                          Direction du développement des compétences et de
                          l’intervention sectorielle
                          Commission des partenaires du marché du travail

REMERCIEMENTS

Le Comité sectoriel de main-d’œuvre de l’industrie textile du Québec tient à remercier
tous ceux et celles qui ont collaboré, de près ou de loin, à l’élaboration de cette norme
professionnelle, plus particulièrement les opérateurs ou les opératrices de machines de
préparation de fibres textiles et de filés, ainsi que les spécialistes du métier des
diverses régions du Québec.

Plus de neuf cents Québécois et Québécoises travaillent comme opérateur ou
opératrice de machines de préparation de fibres textiles et de filés. Cette norme vise à
reconnaître leurs compétences acquises en milieu de travail, valoriser leur profession et
favoriser le transfert intergénérationnel de l’expertise québécoise.

Cette expertise est essentielle pour relever les défis que proposent les créneaux des
textiles techniques et intelligents. Dans le cadre du projet Accord, le ministère du
Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation (MDEIE) définit le
créneau des textiles techniques comme « des matériaux dérivés de polymères et de
fibres textiles qui possèdent des caractéristiques spécifiques de rendement liées à leur
fonction plutôt qu’à leur apparence ». Les textiles techniques les plus porteurs de
croissance sont les non-tissés et les tissus enduits. Les textiles intelligents eux, sont
capables de réagir à des signaux électriques, calorifiques ou physiologiques et
permettent de transmettre des informations précieuses sur une foule de sujets dont
celui de la santé humaine (par exemple, des fibres capables de contrôler la tension
artérielle). Des technologies futuristes apparaissent et l'industrie textile a commencé à
mettre au point des procédés énergétiques comme le traitement au plasma, le greffage
sous faisceau d'électrons ou encore des procédés biologiques comme le traitement aux
enzymes.

Nous tenons également à préciser que ce travail a été rendu possible grâce au soutien
de la Commission des partenaires du marché du travail, du Fonds national de formation
de la main-d’œuvre et d’Emploi-Québec.

Rosette Laberge
Directrice générale
Comité sectoriel de main-d’œuvre de l’industrie textile du Québec

                                          TABLE DES MATIÈRES

LISTE DES EXPERTS ET EXPERTES CONSULTÉS ET DES MEMBRES DES
DIFFÉRENTS COMITÉS ........................................................................................       1

DESCRIPTION DE LA SITUATION ET DU DÉVELOPPEMENT DU MÉTIER
DANS LE SECTEUR ..............................................................................................    5

PROCESSUS D’ÉLABORATION DE LA NORME PROFESSIONNELLE.............                                                 12

DÉMONSTRATION DU CONSENSUS SECTORIEL .............................................                               14

CONTEXTE GÉNÉRAL D’EXERCICE DU MÉTIER...............................................                             15

CRITÈRES GÉNÉRAUX DE SANTÉ ET SÉCURITÉ AU TRAVAIL.......................                                         16

NORME PROFESSIONNELLE...............................................................................             17

DESCRIPTION DÉTAILLÉE DES COMPÉTENCES ..............................................                             18

LISTE DES EXPERTS ET EXPERTES CONSULTÉS ET DES MEMBRES DES
DIFFÉRENTS COMITÉS

ÉQUIPE DE DÉVELOPPEMENT

Martin Blondin         Chargé de projet, Comité sectoriel de main-d’œuvre de
                       l’industrie textile du Québec

Rosette Laberge        Directrice générale, Comité sectoriel de main-d’œuvre de
                       l’industrie textile du Québec

André Larochelle       Consultant en gestion de la formation

Monique Deschênes      Conseillère, Direction du développement des compétences
                       et de l’intervention sectorielle, Commission des partenaires
                       du marché du travail

Diane Savard           Conseillère, Direction du développement des compétences
                       et de l’intervention sectorielle, Commission des partenaires
                       du marché du travail

COMITÉ DE TRAVAIL SUR L’ANALYSE DE LA SITUATION DE TRAVAIL (ouvraison-
mélange, cardage, étirage et bambrochage) 23, 24 et 25 février 2005

Martin Blondin         Comité sectoriel de main-d’œuvre de l’industrie textile du
                       Québec
Yves Boissonneault     Régitex
Gilles Boivin          Préventex
François Côté          Beaulieu Canada – Wickham
Sébastien Courcelles   Albany International Canada
Monique Deschênes      Emploi-Québec
René Gendreau          Spécialiste de contenu
Jocelyn Lachance       Lainages Victor (Les)
André Larochelle       Consultant en gestion de la formation
Paul Legault           Comité sectoriel de main-d’œuvre de l’industrie textile du
                       Québec
François Legresley     Les Tissages Sherbrooke
Gérard Letarte         Les Tissages Sherbrooke
Daniel Nadeau          Beaulieu Canada – Wickham
Daniel Perreault       Corporation Weavexx
Jean-Claude Poulin     Victor Innovatex
Richard Quirion        FilSpec
François Rochon        Comité sectoriel de main-d’œuvre de l’industrie textile du
                       Québec
Diane Savard           Emploi-Québec
Richard Turcotte       Régitex
André Turgeon          Albany International Canada

COMITÉ DE VALIDATION DE L’ANALYSE DE LA SITUATION DE TRAVAIL
(ouvraison-mélange, cardage, étirage et bambrochage) 2 juin 2005

Martin Blondin         Comité sectoriel de main-d’œuvre de l’industrie textile du
                       Québec
François Côté          Beaulieu Canada – Wickham
Monique Deschênes      Emploi-Québec
René Gendreau          Spécialiste de contenu
Jocelyn Lachance       Lainages Victor (Les)
François Lallier       Beaulieu Canada
André Larochelle       Consultant en gestion de la formation
Paul Legault           Comité sectoriel de main-d’œuvre de l’industrie textile du
                       Québec
Daniel Perreault       Corporation Weavexx
Jean-Claude Poulin     Victor Innovatex
Richard Quirion        FilSpec
Yannick Robidoux       FilSpec
François Rochon        Comité sectoriel de main-d’œuvre de l’industrie textile du
                       Québec
Yvon Veilleux          Lainages Victor (Les)

COMITÉ DE VALIDATION DU PROFIL DE COMPÉTENCES (ouvraison-mélange,
cardage, étirage et bambrochage) 7 juillet 2005

Martin Blondin         Comité sectoriel de main-d’œuvre de l’industrie textile du
                       Québec
Yves Boissonneault     Régitex
Gilles Boivin          Préventex
Alain Cayer            Corporation Weavexx
Sébastien Courcelles   Albany International Canada
Monique Deschênes      Emploi-Québec
Roger Faubert          FilSpec
René Gendreau          Spécialiste de contenu
Louise Gervais         Denim Swift
François Lallier       Beaulieu Canada
André Larochelle       Consultant en gestion de la formation
Paul Legault           Comité sectoriel de main-d’œuvre de l’industrie textile du
                       Québec
Daniel Nadeau          Beaulieu Canada – Wickham
Richard Quirion        FilSpec
Maryse Rodrigue        Lainages Victor (Les)
François Rochon        Comité sectoriel de main-d’œuvre de l’industrie textile du
                       Québec
Richard Turcotte       Régitex
André Turgeon          Albany International Canada

COMITÉ DE TRAVAIL SUR L’ANALYSE DE LA SITUATION DE TRAVAIL (renvidage,
assemblage et retordage) 15, 16 et 17 mars 2006
Martin Blondin          Comité sectoriel de main-d’œuvre de l’industrie textile du
                        Québec
Richard Bouthot         PGI Difco, Tissus de Performance
Pauline Corriveau       FilSpec
René Gendreau           Spécialiste de contenu
Odette Landry           Régifil
André Larochelle        Consultant en gestion de la formation
Denis Lincourt          Préventex
Julie Ménard            Beaulieu Canada – Wickham
Jacques Ouellet         Beaulieu Canada – Farnham
Daniel Perrault         Corporation Weavexx
Richard Prince          Beaulieu Canada – Farnham
Marie-Marthe Robert     PGI Difco, Tissus de performance
Marie-Josée Roy         Régitex
Huguette Tanguay        PGI Difco, Tissus de performance

COMITÉ DE VALIDATION DU RAPPORT PRÉLIMINAIRE DE L’ATELIER D’ANALYSE
DE LA SITUATION DE TRAVAIL (renvidage, assemblage et retordage) 26 avril 2006
Martin Blondin          Comité sectoriel de main-d’œuvre de l’industrie textile du
                        Québec
Pauline Corriveau       FilSpec
Monique Deschênes       Emploi-Québec
René Gendreau           Spécialiste de contenu
André Larochelle        Consultant en gestion de la formation
Julie Ménard            Beaulieu Canada - Wickham
Jacques Ouellette       Beaulieu Canada Farnham
Daniel Perrault         Corporation Weavexx
Marie-Marthe Robert     PGI Difco, Tissus de performance
Diane Savard            Emploi-Québec

COMITÉ DE VALIDATION DU PROFIL DE COMPÉTENCES (ouvraison-mélange,
cardage, étirage, bambrochage, renvidage, assemblage et retordage) Novembre 2006
Martin Blondin          Comité sectoriel de main-d’œuvre de l’industrie textile du
                        Québec
Pauline Corriveau       FilSpec
René Gendreau           Spécialiste de contenu
François Lallier        Beaulieu Canada
André Larochelle        Consultant en gestion de la formation
Daniel Nadeau           Beaulieu Canada – Wickham

DESCRIPTION DE LA SITUATION ET DU DÉVELOPPEMENT DU MÉTIER DANS LE
SECTEUR

La description du métier

Le métier d’opérateur ou d’opératrice de machines de préparation de fibres textiles et
de filés est identifié par le code 9441 dans la classification nationale des professions.
Ceux ou celles qui l’exercent font fonctionner des machines servant à préparer les
fibres textiles ou à filer ou à tordre les fils et les filés. Ils ou elles travaillent dans des
filatures de textile ou d’autres entreprises utilisant les mêmes procédés de fabrication.

Les opérateurs ou les opératrices de machines de préparation de fibres textiles et de
filés exercent une partie ou l'ensemble des fonctions suivantes selon le type
d’équipement utilisé :
-   Les opérateurs ou les opératrices de machines de préparation de fibres textiles et
    de filés doivent préparer la production, faire fonctionner et alimenter les machines
    qui servent à laver, à malaxer, à mélanger, à ramasser, à carder, à napper, à
    peigner et à étirer les fibres ou à texturer, à renvider et à retordre les fils et filés.
-   Les opérateurs ou les opératrices de machines de préparation de fibres textiles et
    de filés doivent faire des tournées de l'aire de travail afin de s'assurer qu'il n'y ait pas
    de filés cassés et que les produits soient exempts de défauts. Ils ou elles rattachent
    les fils, rubans ou mèches le plus rapidement possible pour maximiser la production.
-   Les opérateurs ou les opératrices de machines de préparation de fibres textiles et
    de filés font le traitement des produits finis et procèdent à une inspection de qualité,
    selon les spécifications et les besoins des clients.
-   Les opérateurs ou les opératrices de machines de préparation de fibres textiles et
    de filés étudient les causes de pannes des machines, participent à leur entretien et
    avisent le superviseur ou le mécanicien du mauvais fonctionnement du matériel.

Ce métier se situe au tout début de la chaîne des procédés de fabrication de l’industrie
textile. La qualité de la production est cruciale en début de chaîne, car les défauts ou
les erreurs créés seront problématiques lors d’un ou de plusieurs procédés suivants. De
plus, ce métier est à la base de toute production textile, y compris les textiles
techniques ou intelligents à forte valeur ajoutée qui constituent des créneaux d’avenir
très prometteur.

La raison d’être de la norme professionnelle

L’industrie textile connaît un grand nombre de changements ayant une incidence sur
l’organisation du travail et sur les compétences que doivent posséder les opérateurs ou
les opératrices de machines de préparation de fibres textiles et de filés. À n’en pas
douter, l’industrie textile a déjà un pied, sinon les deux, dans le futur. Les
développements envisagés relèvent déjà des découvertes scientifiques de demain, pas
seulement de celles d’aujourd’hui.

La troisième révolution est en émergence : celle des textiles « intelligents ». Capables
de réagir à des signaux électriques, calorifiques ou physiologiques, ces fibres
permettent de transmettre des informations précieuses sur une foule de sujets dont
celui de la santé humaine (par exemple, des fibres capables de contrôler la tension
artérielle). Avec des systèmes électroniques miniaturisés incorporés, les vêtements
vont devenir ingénieux. C’est un domaine où la recherche est déjà bien amorcée et où
les débouchés commerciaux promettent d'être nombreux. Les applications se
multiplient de jour en jour : habit de pompier avec senseur thermique et alarme intégrés,
veston avec système de télécommunications, tissu « peau numérique » à système de
détection et mesure de pression avec senseur à fibre optique, soutien-gorge avec
système d'alarme, senseur cardiaque, GPS et émetteur intégrés, vêtement nomade
médicalisé avec capteur de chute intégré, etc.

Des technologies futuristes naissent et on commence à mettre au point des procédés
énergétiques comme le traitement au plasma, le greffage sous faisceau d’électrons ou
encore des procédés biologiques comme le traitement aux enzymes. Et que dire des
nanotechnologies qui n’en sont qu’à leurs premiers balbutiements? Dans ce dernier
cas, les travaux de recherche portent notamment sur les procédés de production et de
déposition de nanotubes de carbone, de nanoparticules de céramique, etc. D’autres
travaux exploratoires portent sur l’étude des propriétés et des comportements des
surfaces. Tous ces secteurs font largement appel à l’industrie textile.

Une réorganisation structurelle

Les grands changements du secteur textile ne concernent pas uniquement le type de
produits ou la rapidité de production. Les évènements politiques stimulent ou limitent
l’expansion : de la Confédération à la crise de l’énergie (deux siècles plus tard) en
passant par la croissance d’après guerre, l’industrie du textile évolue et s’adapte aux
réalités et aux exigences d’un monde en pleine mutation sur bien des plans. De plus,
les différents accords régissant les pratiques commerciales tels l’Accord général sur les
tarifs douaniers et le commerce ou l’accord sur le libre échange ont imposé des
restructurations importantes dans le secteur. Le 1er janvier 2005, date à laquelle tous
les quotas sur les échanges ont été supprimés, a d’ailleurs marqué pour l'industrie du
textile le début d'une nouvelle ère sur le plan commercial : l’entrée dans l’ère de la
mondialisation.

Ces nouvelles mesures ont fait ressurgir le spectre du « péril jaune », mais il faut savoir
regarder à plus long terme et reconnaître que la Chine se trouve également au cœur d’un
nouvel ordre économique mondial. Pour l'instant, on remarque surtout sa percée
phénoménale sur les marchés nord-américains et européens en tant que pays producteur,
mais celui-ci est à l'orée d'une forte croissance du revenu disponible des ménages et, par
voie de conséquence, du commerce de détail. Ce jour-là, on pourra bénéficier des
retombées de la Chine en tant que pays consommateur. Ainsi, au delà des bouleversements
du secteur et d’une transition parfois douloureuse en matière d’emplois, les répercussions
commerciales de l’abolition des quotas doivent être mises en perspective. Cette transition
n’est pas uniquement un big bang au sens macro-économique, mais elle s’inscrit aussi dans
une tendance longue d'industrialisation des pays en développement, incidence majeure dans
tous les domaines d'activité manufacturière sans exception. L'avantage comparatif de la
main-d'œuvre bon marché offerte par ces pays offrent a la première conséquence visible à
court terme d’attirer les productions intensives en travail peu qualifié. On assiste alors à une
délocalisation de la production vers les pays en développement, entraînant notamment des
fermetures d'entreprises dans les usines manufacturières locales. Ce phénomène est
amplifié au Québec par le fait que plus de 50 % des actifs des usines de textile et de produits
textiles appartiennent à des investisseurs étrangers, principalement américains et
européens. Les décisions importantes se prennent donc à l’étranger donnant forcément
priorité au lieu d’où viennent ces décisions.

La montée des PME et la réalité des invisibles

La diminution des grandes usines n'est pas un phénomène exclusif au Québec. Elles ont
pour la plupart également diminué dans tous les pays industrialisés, que ce soit aux États-
Unis, au Royaume-Uni, en France ou en Italie. La chute du nombre de grandes entreprises
de l'industrie textile, incapables de s’adapter, témoigne éloquemment d’une restructuration
qui a été totale et du rôle nouveau que les PME sont désormais appelées à assumer.
D’ailleurs, il n’y a plus autant de barrières à l’entrée qu’auparavant pour un entrepreneur
dynamique qui veut faire sa place dans un créneau technologique.

En fait, les entreprises liées au secteur textile sont beaucoup plus nombreuses que ne le
laissent entrevoir les chiffres officiels découlant des codes SCIAN 313 et 314 (Système de
classification des industries de l’Amérique du Nord). Il faut ajouter aux chiffres officiels ce
que l'on pourrait appeler les entreprises textiles invisibles, parce qu'elles sont compilées
dans des catégories manufacturières autres que celles réservées aux textiles. On les trouve
dans une foule de secteurs : les fabricants de produits en caoutchouc et en plastique, de
meubles, de jouets, d'articles de sport, d’automobiles, de matériel électrique et électronique,
de produits hygiéniques, etc. Ces entreprises sont issues majoritairement de la
recomposition mondiale de la filière textile. Il s’agit de petits ou moyens fabricants de
produits qui emploient entre 50, 100, 200, voire 300 salariés et qui sont présents sur des
marchés à haute valeur ajoutée leur assurant une longueur d’avance sur la compétition.
Dans certains cas, il s’agit d’anciennes grandes entreprises ou de divisions de groupes
démantelés qui ont su moderniser leurs opérations et les faire évoluer de façon très
efficiente. Dans d’autres cas, ce sont de jeunes entreprises créées par des entrepreneurs
innovants qui ont su saisir une occasion et se sont redéployées dans une perspective de
marché mondial. Généralement moins connues et célèbres que leurs ex-grands frères, elles
n'en demeurent pas moins dynamiques et efficaces.

Plusieurs d'entre elles ont su s'internationaliser en prenant localement un appui solide
et concret dans au moins trois régions québécoises soit le Centre-du-Québec, la
Montérégie et Chaudière-Appalaches, trois régions qui ont décidé de miser sur la
croissance actuelle des PME engagées dans le secteur des textiles. Montréal est
également un centre important à tel point que la Communauté métropolitaine de
Montréal n’a pas hésité à classer ce secteur d’activité dans le groupe des grappes de
compétition aux côtés de l’aérospatiale, des technologies de l’information et des
sciences de la vie. Dans son ensemble, l’industrie des textiles forme un maillon
considérable de l’économie régionale. Dans le cadre du projet Accord, le ministère du
Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation a reconnu le Centre-du-
Québec comme région leader dans le créneau émergent des textiles techniques et
fonctionnels. Il a également donné le statut de régions associées à la Montérégie et à
Chaudière-Appalaches dans le même créneau d’excellence.

Le Centre-du-Québec compte plusieurs entreprises prometteuses. Ce sont des
convertisseurs et des fabricants dont les applications sont liées aux domaines suivants :
matériel de transport, soins de santé et d’hygiène, protection des personnes,
construction et génie civil, procédés industriels, produits d’emballage et articles de
sports et de loisirs. Des investissements d’importance ont été réalisés ces dernières
années pour moderniser les chaînes de production ou encore accroître les activités de
recherche et développement.

La région de Chaudière-Appalaches constitue un associé déterminant pour celle du
Centre-du-Québec. Elle compte également plusieurs entreprises qui ont su profiter de la
période de transition pour s’attaquer aux textiles techniques. On les trouve dans les
mêmes secteurs que ceux mentionnés précédemment avec en plus ceux de
l’environnement et de l’agriculture. Fait à souligner, la compagnie ADS (St-Elzéar-de-
Beauce) a complété en 2005 son plan de recentrage stratégique vers les textiles
techniques, les préférant aux produits composites, un secteur en très forte croissance
employant trois fois plus de personnes.

En Montérégie, on trouve des textiles techniques dans la plupart des domaines déjà
mentionnés, mais les produits destinés au secteur industriel constituent de loin le
secteur le plus développé. Le marché des équipements sportifs et récréatifs constitue
un débouché important grâce à des alliances réalisées avec certaines multinationales
du secteur.

Il est important de souligner que toutes les entreprises textiles du Québec peuvent
compter sur la présence du Groupe CTT (Centre des Technologies Textiles) de
Saint-Hyacinthe pour la recherche et le développement. Le Groupe CTT a établi des
liens étroits avec plusieurs centres mondiaux spécialisés dans les textiles techniques.
C’est d’ailleurs lui qui a organisé cette année la présence canadienne à la foire annuelle
Techtextil, version nord-américaine. Selon le document « Le marché du travail et
l’emploi sectoriel au Québec 2006-2010 » publié sur le site d’information sur le marché
du travail d’Emploi-Québec (IMT en ligne), les textiles techniques présentent les
meilleures perspectives.

Les textiles techniques : un secteur d’avenir

Dans le cadre du projet Accord, le ministère du Développement économique, de
l’Innovation et de l’Exportation définit le créneau des textiles techniques et fonctionnels
comme « des matériaux dérivés de polymères et de fibres textiles qui possèdent des
caractéristiques spécifiques de rendement liées à leur fonction plutôt qu’à leur
apparence ». Les textiles techniques les plus porteurs de croissance sont les non-tissés
et les tissus enduits. Ce créneau a rapidement évolué pour devenir un domaine
d’activité autonome et particulièrement novateur, qui répond aux besoins d’une grande
variété de marchés industriels. On estime qu’il y a environ 75 établissements textiles au
Québec qui se sont diversifiés dans le secteur des textiles techniques, donnant de
l’emploi à près de 8 000 personnes. Ce chiffre ne tient pas compte des entreprises qui,
sans produire de tissus ou de non-tissés, utilisent ces derniers pour fabriquer des
produits finis en textiles techniques. Du secteur de la médecine et d’hygiène à celui des
sports et des loisirs, toutes les branches de l’industrie manufacturière, sans exception,
sont demandeuses de nouvelles fibres à haute valeur ajoutée.

On ne peut pas encore parler de textiles techniques comme d’un marché homogène. Il
faut plutôt les voir comme différents marchés particuliers, des créneaux ou des
domaines d’application. Aujourd’hui, les entreprises qui forment l’industrie textile
rivalisent d’imagination dans différents secteurs industriels. Et pour peu, certaines des
75 usines textiles recensées vont devenir un jour des joueurs majeurs tirant leur épingle
du jeu dans une foule d’autres secteurs industriels.

Les textiles techniques offrent donc des perspectives renouvelées aux industriels du
textile traditionnel. Substituer aux matériaux traditionnels des produits qui présentent
des performances techniques égales ou supérieures et intégrer davantage de
fonctionnalités devient l’enjeu majeur et les potentialités sont donc énormes.

En mesurant le chemin accompli par ce secteur, on peut affirmer, sans se tromper, qu’il
a traversé une vague de modifications importantes qui a abouti, après un virage majeur,
à un remaniement considérable. L’apparition de nouveaux acteurs et de nouvelles
technologies a changé à la fois les conditions du commerce international, le mode
opératoire des entreprises et la nature des produits dont la fabrication les fera vivre.
L’industrie est encore dans une période de transition et de bouleversements.
Localement, certaines situations peuvent être très difficiles, mais les besoins mondiaux
en textile ne diminuent pas et il se présente au contraire une série de possibilités
d’applications nouvelles. Elles prennent le relais des anciennes et dessinent ce que
sera l’industrie textile de demain. Il sera bientôt nécessaire d’offrir un lieu d’échanges et
de veille sur les textiles techniques, un peu comme cela se fait dans d’autres pays
industrialisés qui ont pris conscience des véritables enjeux. Il faut poursuivre les efforts
en mettant en place des outils collectifs d’information et de formation si l’on veut que le
Québec prenne la place qui lui revient dans ce marché prometteur des textiles.

Enjeux stratégiques

Dans le diagnostic provincial pour le secteur textile, réalisé en décembre 2003, par le
Comité sectoriel de main-d’œuvre de l’industrie textile du Québec, plusieurs défis ont
été établis dont ceux du manque de main-d’œuvre qualifiée et du manque de relève. Le
niveau de scolarité moyen des employés et employées de production est de troisième
ou quatrième secondaire. Au moment même où les entreprises textiles ont besoin de
compter sur une main-d’œuvre compétente et performante, une grande pénurie de
finissants sévit dans toutes les formations textiles existantes. En effet, les huit derniers
étudiants inscrits aux programmes en textile du cégep de Saint-Hyacinthe ont reçu leur
diplôme en 2006. Pour 2007, 2008 et 2009, il n’y aura aucun finissant. Et un autre
problème ne cesse de prendre de l’ampleur, celui de la relève de la main-d’œuvre.

Cela a été observé dans toutes les régions du Québec. Selon le document « Le marché
du travail et l’emploi sectoriel au Québec 2006-2010 » publié sur l’IMT en ligne
d’Emploi-Québec, près de la moitié des effectifs de l’industrie textile avaient plus de
45 ans en 2005.

De plus, le recrutement est de plus en plus difficile dans toutes les régions à forte
concentration textile sauf Montréal, qui elle bénéficie d’un bassin de main-d’œuvre
immigrante considérable.

C’est pourquoi la formation de type compagnonnage par compétences, intégrée dans
les pratiques de dotation des entreprises, revêt une importance capitale. Car, pour se
tailler une place sur l’échiquier mondial du textile, seul un processus structuré de
reconnaissance des compétences et de transfert d’expertise en milieu de travail
permettra aux entreprises d’augmenter la qualification de leurs travailleurs et
travailleuses tout en favorisant leur rétention.

Le nombre d’entreprises

Le Comité sectoriel de main-d’œuvre de l’industrie textile du Québec a répertorié les
entreprises concernées par cette norme professionnelle. On compte au moins 41 entreprises
textiles québécoises. Cependant, il est certain que le nombre réel est supérieur étant donné
la distribution forcée relative aux codes attribués aux entreprises selon leur principale activité
économique répertoriée dans le Système de classification des industries de l’Amérique du
Nord.

                     Répartition géographique des entreprises identifiées

                              Régions            Nombre d’entreprises
                       Centre-du-Québec                   4
                       Chaudière-Appalaches               9
                       Estrie                             6
                       Montérégie                         7
                       Montréal                           9
                       Autres                             6
                       Total                             41

Ces entreprises regroupent environ 900 opérateurs ou opératrices de machines de
préparation de fibres textiles et de filés. Elles sont syndiquées à 85 % environ, comme
l’ensemble de l’industrie. Voici la liste des principales organisations syndicales présentes
dans le secteur textile québécois :
  Centrale des syndicats démocratiques (CSD)
  Centrale des syndicats nationaux (CSN)
  Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ)
  Syndicat du vêtement, du textile et autres industries (SVTI)
  Travailleurs et travailleuses unis de l’alimentation et du commerce (TUAC)
  Syndicats affiliés ou indépendants

Objectifs de certification

Le Comité sectoriel de main-d’œuvre de l’industrie textile du Québec estime qu’environ 200 à
250 opérateurs ou opératrices de machines de préparation de fibres textiles et de filés
pourraient recevoir leur certificat de qualification au cours des deux années suivant le
lancement de la norme professionnelle.

PROCESSUS D’ÉLABORATION DE LA NORME PROFESSIONNELLE

Cette norme provient de deux projets distincts de Programme d’apprentissage en milieu
de travail (PAMT): celui concernant la fonction d’opérateur ou d’opératrice au cardage
et celui touchant la fonction d’opérateur ou d’opératrice au renvidage, assemblage et
retordage.

Voici les étapes que nous avons suivies pour élaborer la norme professionnelle visant
l’opérateur ou l’opératrice de machines de préparation de fibres textiles et de filés :

     ¾ Le premier Programme d’apprentissage en milieu de travail, soit celui pour la
       fonction de travail d’opérateur ou d’opératrice au cardage, regroupait les
       procédés d’ouvraison-mélange, de cardage, d’étirage et de bambrochage. La
       demande d’élaboration de ce PAMT avait été formulée par le Réseau provincial
       des responsables des ressources humaines du secteur textile. Nous avons
       amorcé son élaboration par une lecture de la documentation existante.

     ¾ Une fois le contexte cerné, nous avons procédé à plusieurs visites d’entreprises
       afin de bien définir la fonction de travail d’opérateur ou d’opératrice au cardage,
       ainsi que l’environnement dans lequel s’exécute le travail.

     ¾ Par la suite, les 23, 24 et 25 février 2005, nous avons rassemblé à l’Hôtel et
       Suites Le Dauphin de Drummondville plusieurs experts et expertes des procédés
       du cardage provenant de différentes entreprises afin de procéder à une analyse
       de la situation de travail. L’information recueillie a été analysée et colligée dans
       un rapport qui a été validé le 2 juin 2005, lors d’une rencontre qui s’est tenue au
       même endroit.

     ¾ Nous avons ensuite procédé, durant le mois de juin 2005, à l’élaboration du profil
       de compétences de l’opérateur ou de l’opératrice au cardage.

     ¾ La validation du profil de compétences a eu lieu à l’Hôtel et Suites Le Dauphin à
       Drummondville, le 7 juillet 2005. Cette activité nous a permis d’apporter quelques
       bonifications au profil de compétences.

     ¾ Dans le cadre du deuxième Programme d’apprentissage en milieu de travail, soit
       celui de l’opérateur ou l’opératrice au renvidage, assemblage et retordage, nous
       avons rassemblé, les 15, 16 et 17 mars 2006, à l’Hôtel et Suites Le Dauphin de
       Drummondville, plusieurs experts et expertes de ces fonctions de travail.
       L’objectif était de procéder à une analyse de la situation de travail. L’information
       recueillie a été analysée et colligée dans un rapport qui a été validé le
       26 avril 2006, lors d’une rencontre qui s’est tenue au même endroit. La demande
       de développer ce PAMT avait été identifiée par le Réseau provincial des
       responsables des ressources humaines du secteur textile.

Au mois d’août 2006, suite à des discussions avec la Commission des partenaires du
marché du travail, nous avons demandé de fusionner ces deux normes professionnelles
pour former la norme professionnelle pour le métier d’opérateur ou d’opératrice de
machines de préparation de fibres textiles et de filés.

   ¾ Nous avons donc élaboré un profil de compétences regroupant les sept procédés
     de fabrication visés par les deux projets.

   ¾ Ce profil de compétences a été validé au courant du mois de novembre 2006
     auprès d’experts et d’expertes du métier.

   ¾ De ce profil validé, nous avons extrait la norme professionnelle pour le métier
     d’opérateur ou d’opératrice de machines de préparation de fibres textiles et de
     filés.

DÉMONSTRATION DU CONSENSUS SECTORIEL

À la recherche d’un consensus sectoriel pour l’établissement de la norme
professionnelle pour le métier d’opérateur ou d’opératrice de machines de préparation
de fibres textiles et de filés, nous avons envoyé une copie de la norme professionnelle
dans les 41 entreprises québécoises possédant des machines d’ouvraison-mélange, de
cardage, d’étirage, de bambrochage, de renvidage, d’assemblage ou de retordage. Une
lettre, jointe à l’envoi, demandait aux responsables des entreprises de nous faire part
de leurs commentaires ou suggestions.

Ensuite, nous avons téléphoné aux 41 responsables des entreprises afin de les inviter
une seconde fois à nous transmettre leurs commentaires. Ces 41 appels, nous ont
permis de réaliser 19 entrevues téléphoniques avec les responsables des entreprises,
ce qui représente près de 50 % de l’ensemble des entreprises concernées. Ces
entreprises textiles se situent principalement dans les régions du Centre-du-Québec, de
Chaudière-Appalaches, de l’Estrie, de la Montérégie et de Montréal.

Considérant que 100 % des entreprises concernées ont participé au processus de
validation et ce, à deux reprises et par des moyens différents, et que les responsables
des entreprises ont tous donné leur appui à la norme professionnelle, nous pouvons
confirmer le large consensus sectoriel entourant cette norme professionnelle.

Enfin, nous sommes en mesure de déposer cette norme professionnelle pour le métier
d’opérateur ou d’opératrice de machines de préparation de fibres textiles et de filés.

CONTEXTE GÉNÉRAL D’EXERCICE DU MÉTIER

Le métier d’opérateur ou d’opératrice de machines de préparation de fibres textiles et
de filés est identifié par le code 9441 dans la classification nationale des professions.
Ceux ou celles qui l’exercent font fonctionner des machines servant à préparer les
fibres textiles ou à filer ou à tordre les fils et les filés. Ils ou elles travaillent dans des
filatures de textile ou d’autres entreprises utilisant les mêmes procédés de fabrication.

Ce métier englobe sept procédés de fabrication différents situés au début de la chaîne
de transformation de la matière première.

Tout débute avec l’ouvraison-mélange. Ce procédé consiste à défaire les couches de
fibres qui sont pressées les unes contre les autres depuis un certain temps et
contenues dans des ballots. Les fibres sont aspirées par air et transportées jusqu’aux
chambres de mélange. Celles-ci améliorent la propreté dans le cas des fibres végétales
et mélangent les fibres pour obtenir plus d’homogénéité dans les mélanges à produire.

Puis, nous avons le cardage. La quantité de fibres acheminées aux cardes est contrôlée
pour assurer la régularité à l’entrée de la machine. Les fibres passent ensuite entre les
dents et les poils de brosses métalliques pour améliorer le parallélisme. Seules les
fibres propres et conformes sortent de la machine sous forme de voile ou de ruban. Le
voile peut être utilisé tel quel pour la fabrication de non-tissés.

Ensuite, il y a l’étirage. Ce procédé utilise le ruban des cardes pour produire un ruban
au parallélisme et à l’uniformité améliorés. Généralement, plusieurs rubans sont
introduits dans la machine pour sortir en un seul ruban amélioré. Le ruban peut être
envoyé au bambrochage ou être acheminé au filage à fibres libérées ou au filage à jets
d’air.

Par la suite, l’étape du bambrochage consiste à étirer davantage le ruban et lui donner
une torsion pour faire une mèche contenant moins de fibres, tout en étant plus
résistante aux cassures. La mèche est utilisée au filage à anneaux.

Après le filage à anneaux, les bobines de fil produites doivent être renvidées sur des
cônes ou des tubes. Au passage, le fil sera épuré de tout défaut détecté par la machine.
C’est ce qu’on appelle le procédé de renvidage. Le fil peut alors être utilisé tel quel,
vendu ou passer par d’autres procédés de transformation, soit l’assemblage et le
retordage.

Le procédé d’assemblage consiste à mettre parallèlement deux ou plusieurs fils ou
filaments simples en préparation du retordage.

Finalement, le retordage consiste à retordre les fils assemblés précédemment afin
d’augmenter la résistance, la douceur et l’uniformité des fils, cordes ou câbles obtenus
par ce procédé.

Les opérateurs ou les opératrices de machines de préparation de fibres textiles et de
filés travaillent dans des entreprises textiles employant de quelques personnes à
plusieurs centaines. Habituellement, ces personnes travaillent seules durant leur quart
de travail, mais font tout de même partie d’une équipe.

Si le besoin d’aide survient, elles ont toujours la possibilité de se faire aider par un ou
une collègue. Elles occupent des postes permanents à temps complet.

Le grand éventail de couleurs de fibres utilisées dans les procédés de fabrication et
l’utilisation des couleurs comme éléments de classification rendent impérative la
capacité de bien distinguer les couleurs.

Certaines entreprises doivent occasionnellement s’ajuster aux demandes du marché et
faire des mises à pied temporaires. Quelques-unes d’entre elles profitent de cette
période pour former leur main-d’œuvre afin d’améliorer sa polyvalence.

Plus de 87 % des participants ou des participantes des ateliers d’analyse de la situation
de travail exercent leur fonction dans des entreprises syndiquées. Leur taux horaire
moyen se situe à 15,18 $.

CRITÈRES GÉNÉRAUX DE SANTÉ ET SÉCURITÉ AU TRAVAIL

Voici les critères généraux que doit respecter l’opérateur ou l’opératrice de machines de
préparation de fibres textiles et de filés :

     ¾ Utiliser l’équipement et l’outillage appropriés mis à sa disposition pour travailler
        de façon sécuritaire;

     ¾ Porter les équipements de protection individuelle;

     ¾ Faire preuve de vigilance (d’attention);

     ¾ Respecter les règles propres à l’entreprise (se conformer à la signalisation,
        suivre les avertissements, avoir les cheveux attachés ou retenus dans un bonnet,
        éviter les vêtements amples, ne pas porter de bijoux, de colliers ou de montre,
        etc.)

NORME PROFESSIONNELLE

Le métier d’opérateur ou d’opératrice de machines de préparation de fibres textiles et
de filés tel qu’il est présenté dans la norme professionnelle fait référence aux procédés
de fabrication généralement présents dans une filature du secteur textile. Cependant,
nous retrouvons certains de ces mêmes procédés dans d’autres entreprises textiles.
Pour que sa compétence soit reconnue dans le métier, l’opérateur ou l’opératrice doit
être en mesure de maîtriser les éléments de compétences du profil de compétences
commun aux sept procédés de fabrication.

La norme professionnelle contient les compétences essentielles nécessaires pour
opérer efficacement les différents types d’équipements des différents procédés de
fabrication. Bien qu’il y ait des différences entre chaque entreprise quant aux
équipements et aux méthodes de travail, le contenu de la norme reste universel et
s’adapte aisément à toutes les entreprises exerçant des activités dans la préparation
des fibres textiles et de filés.

Voici les compétences essentielles :
        1. Être capable de préparer la production
        2. Être capable de faire fonctionner les machines
        3. Être capable de traiter les produits finis
        4. Être capable d’effectuer différents entretiens planifiés

Dans les pages suivantes, on trouve la description détaillée de ces 4 compétences
essentielles qui constituent la norme professionnelle pour le métier d’opérateur ou
d’opératrice de machines de préparation de fibres textiles et de filés.

DESCRIPTION DÉTAILLÉE DES COMPÉTENCES
 MÉTIER : Opérateur ou opératrice de machines de préparation de fibres textiles et de filés
                                                                                                                                      Code CNP : 9441

 Compétence 1 : Être capable de préparer la production

 Contexte de réalisation :
         Dans une usine utilisant au moins un des procédés de fabrication
         Selon les procédés de fabrication utilisés (ouvraison-mélange, cardage, étirage, bambrochage, renvidage, assemblage ou retordage)
         Selon le type de matière première utilisée (fibres naturelles, fibres synthétiques, voile de carde, ruban de carde, mèche ou fil)
         Dans un environnement de travail à température contrôlée
         Dans le cadre de son travail, plusieurs machines sont sous sa responsabilité
         À l’aide des directives et des procédures de l’entreprise
         De façon autonome pour la préparation de la production régulière
         Selon les feuilles de production et les fiches techniques
         Selon les règles de prévention en santé et sécurité au travail en vigueur dans l’entreprise

                     Éléments de compétence                                                          Critères de performance

 Être en mesure de :
 1.1   S’approvisionner en produits d’alimentation                               Application appropriée des méthodes et des consignes lors de la préparation
                                                                                 des mélanges
                                                                                 Interprétation juste des fiches techniques
                                                                                 Reconnaissance adéquate des différentes matières premières
                                                                                 Choix exact des produits d’alimentation
                                                                                 Exécution du travail dans les temps requis
                                                                                 Approvisionnement suffisant des produits d’alimentation
 1.2   Remplir la machine                                                        Utilisation des bons produits d’alimentation
                                                                                 Remplissage adéquat des machines
                                                                                 Remplissage des machines dans les temps requis

 1.3   S’assurer que la machine est prête à produire                             Respect des fiches techniques
                                                                                 Interprétation juste des fiches techniques
                                                                                 Ajustements adéquats sur les machines

MÉTIER : Opérateur ou opératrice de machines de préparation de fibres textiles et de filés
                                                                                                                                      Code CNP : 9441

Compétence 2 : Être capable de faire fonctionner les machines

Contexte de réalisation :
        Dans une usine utilisant au moins un des procédés de fabrication
        Selon les procédés de fabrication utilisés (ouvraison-mélange, cardage, étirage, bambrochage, renvidage, assemblage ou retordage)
        Selon le type de matière première utilisée (fibres naturelles, fibres synthétiques, voile de carde, ruban de carde, mèche ou fil)
        Dans un environnement de travail à température contrôlée
        De façon continue pour le fonctionnement régulier des machines
        De façon autonome pour le fonctionnement régulier des machines
        À l’aide des directives, procédures et fiches techniques de l’entreprise
        À l’aide d’outils permis dans l’entreprise
        Selon les règles de prévention en santé et sécurité au travail en vigueur dans l’entreprise
        À l’aide du rapport de production

                    Éléments de compétence                                                           Critères de performance

Être en mesure de :
2.1   Démarrer le processus de production                                         Mise en marche de la machine dans les temps requis
                                                                                  Surveillance adéquate du départ de la machine

2.2   Assurer l’alimentation de la machine                                        Identification rapide et juste des machines sur le point de manquer de
                                                                                  produits d’alimentation
                                                                                  Reconnaissance adéquate des produits d’alimentation
                                                                                  Alimentation continuelle des machines en produits d’alimentation
                                                                                  Déplacement efficace sur le plancher de production

Compétence 2 : Être capable de faire fonctionner les machines

                         Éléments de compétence                                                               Critères de performance
2.3    Contrôler la qualité du produit                                                      Vérification adéquate des produits sur les machines
                                                                                          Vérification adéquate de la qualité des produits sur les machines
                                                                                          Détection et signalement adéquat des anomalies
                                                                                          Identification rapide et précise des produits non conformes
                                                                                          Interprétation exacte des fiches techniques
                                                                                          Récupération adéquate des rebuts
                                                                                          Rapport de production complet et juste

2.4    Réagir aux arrêts d’une machine ou aux alarmes sonores ou visuelles                Repérage rapide des arrêts d’une machine ou des alarmes sonores ou
         Diagnostiquer la cause de l’arrêt                                                visuelles
         Apprécier le bon fonctionnement des machines (huile, teinture, œil magique…)     Identification juste de la cause de l’arrêt
                                                                                          Correction judicieuse de chaque problème
                                                                                          Reconnaissance adéquate des produits non conformes
                                                                                          Repérage, retrait et récupération des produits non conformes
                                                                                          Remise en marche rapide de la machine

MÉTIER : Opérateur ou opératrice de machines de préparation de fibres textiles et de filés
                                                                                                                                     Code CNP : 9441

Compétence 3 : Être capable de traiter les produits finis

Contexte de réalisation :
        Dans une usine utilisant au moins un des procédés de fabrication
        Selon les procédés de fabrication utilisés (ouvraison-mélange, cardage, étirage, bambrochage, renvidage, assemblage ou retordage)
        Selon le type de matière première utilisé (fibres naturelles, fibres synthétiques, voile de carde, ruban de carde, mèche ou fil)
        Dans un environnement de travail à température contrôlée
        De façon autonome pour le traitement régulier des produits finis
        À l’aide des directives, procédures et fiches techniques de l’entreprise
        À l’aide d’outils permis dans l’entreprise
        En utilisant les identifications appropriées
        Selon les règles de prévention en santé et sécurité au travail en vigueur dans l’entreprise

                       Éléments de compétence                                                         Critères de performance

Être en mesure de :
3.1   Faire la levée                                                              Organisation efficace du travail
                                                                                Identification adéquate des produits finis
                                                                                Traitement adéquat des produits finis
                                                                                Remise en marche rapide des machines
                                                                                Distribution adéquate des produits finis

3.2   Faire le transport des produits finis                                     Organisation efficace du travail
                                                                                Acheminement des transporteurs de produits aux bons endroits
                                                                                Inscription précise de la localisation des produits finis

MÉTIER : Opérateur ou opératrice de machines de préparation de fibres textiles et de filés
                                                                                                                                        Code CNP : 9441

Compétence 4 : Être capable d’effectuer différents entretiens planifiés

Contexte de réalisation :
        Dans une usine utilisant au moins un des procédés de fabrication
        Selon les procédés de fabrication utilisés (ouvraison-mélange, cardage, étirage, bambrochage, renvidage, assemblage ou retordage)
        Selon le type de matière première utilisée (fibres naturelles, fibres synthétiques, voile de carde, ruban de carde, mèche ou fil)
        Dans un environnement de travail à température contrôlée
        De façon autonome pour les entretiens planifiés réguliers
        À l’aide des outils appropriés
        Selon les instructions de travail et les feuilles de suivi de nettoyage planifié
        Selon les règles de prévention en santé et sécurité au travail en vigueur dans l’entreprise

                      Éléments de compétence                                                           Critères de performance

Être en mesure de :
4.1   Faire le nettoyage planifié                                                  Propreté adéquate de l’aire de travail
                                                                                   Respect de la planification du nettoyage
                                                                                   Utilisation appropriée des outils
                                                                                   Utilisation des bons produits nettoyants
                                                                                   Récupération adéquate des rebuts
                                                                                   Reconnaissance juste des éléments contaminants
                                                                                   Élimination complète des éléments contaminants
4.2   S’assurer du bon état de la machine                                          Vérification adéquate du bon fonctionnement des machines
                                                                                   Détection et signalement rapide des anomalies
                                                                                   Communication régulière des anomalies
